À la Gaîté Lyrique, Royal Canin présente Nutriverse : un parcours immersif consacré aux bénéfices d’une alimentation adaptée pour les chats et les chiens, abordés sous un angle scientifique et pédagogique. ARROI a conçu et produit l’un des espaces du parcours, consacré au lien entre les humains et leurs animaux, aux services rendus et aux nouvelles formes de bien-être partagé. De la définition du propos à l’ouverture au public, retour sur les coulisses de la Nutriverse Gallery.

D’un discours de marque à un récit culturel

Tout commence par le commissariat d’exposition. Royal Canin porte des sujets experts : nutrition, comportement animal, santé par l’alimentation. Dans un lieu culturel comme la Gaîté Lyrique, il faut aller au-delà du produit. L’exposition se construit comme une narration plus large, capable de toucher à la fois les propriétaires d’animaux, les visiteurs curieux, les familles et les professionnels. L’animal y devient un sujet à part entière, doué de sa propre présence bien au-delà d’un simple décor affectif.

Un parti pris : le parc parisien réinventé

La direction artistique traduit ce récit en images. Pour la Nutriverse Gallery, l’idée s’impose vite : un parc parisien réinventé. Une promenade urbaine douce, entre nature, architecture haussmannienne et mobilier sculptural. Matières claires et tactiles, volumes arrondis, lumière chaleureuse, la version mentale, presque idéale, d’un parc où humains et animaux cohabitent avec évidence. Les moodboards fixent ce langage visuel entre la marque, les créatifs, les scénographes, les fabricants et les équipes techniques, pour garantir une cohérence du début à la fin du projet.

La régie : anticiper pour rendre possible

Les plans traduisent l’intuition en espace réel. À la Gaîté Lyrique, cela suppose d’anticiper les flux de visiteurs, les normes ERP (établissements recevant du public), la sécurité, les circulations PMR (personnes à mobilité réduite), les zones de respiration et, spécificité du projet, la cohabitation entre humains et animaux dans un même parcours. La régie intervient dès la conception pour donner au projet sa forme viable.

Un espace articulé autour de 6 actions

Un accueil pensé comme un salon vivant

L’entrée installe immédiatement un climat. Assises généreuses, zones de repos, accueil fluide, médiation intégrée au décor. Les visiteurs arrivent avec leur chien ou leur chat et échangent avec les petsitters présents sur place. L’atmosphère se veut calme, rassurante, presque intime, malgré l’échelle publique du lieu. Derrière cette simplicité apparente, une exigence technique soutenue : matériaux résistants, sols faciles d’entretien, mobilier stable, protocole de nettoyage renforcé, vigilance sécurité constante.

Un parc parisien, cœur battant du parcours

Un décor monumental, imprimé en grand format sur papier mural (wallpaper), enveloppe le visiteur : allées plantées, perspectives urbaines, silhouettes de toits, lumière de fin d’après-midi. En complément, un wellness playground, une aire de jeu pensée pour le bien-être de l’animal, permet aux chiens et aux chats d’explorer, grimper, observer, jouer. Chaque structure répond à des contraintes concrètes : stabilité, résistance, surfaces antidérapantes, angles adoucis, entretien rapide. L’espace paraît spontané ; il est entièrement calculé.

Le temps suspendu de la Fondation Royal Canin

Le rythme de visite ralentit. Dans la salle dédiée à la Fondation, le visiteur découvre des portraits de chiens d’assistance, accompagnés de récits personnels et d’un film documentaire. Le commissariat glisse ici une dimension institutionnelle et émotionnelle : utilité sociale de l’animal, fidélité, intelligence relationnelle entre l’animal et son maître. La régie devient quasi muséale — tirages haut de gamme, éclairages précis, confort acoustique, gestion vidéo — pour créer une expérience de contemplation sincère.

Un espace de mémoire partagée

Une installation participative invite les visiteurs à laisser une empreinte, un nom ou un message en mémoire d’un animal disparu. Ce type de dispositif évolue au fil des heures, à mesure que les contributions s’accumulent : il se pense dès la conception comme un espace vivant. Consommables, renouvellement quotidien, lisibilité progressive du mur participatif, propreté des surfaces, accompagnement émotionnel : la médiation y joue un rôle essentiel, en offrant un cadre simple qui laisse place à l’intime.

Un espace sensoriel : changer le regard sur l’animal

C’est le moment le plus expérimental du parcours. De grands close-up, des portraits en très gros plan, transforment la manière de regarder l’animal. Certaines images proposent une double lecture : un regard humain et, superposé, un regard animal. D’autres utilisent un vernis 3D qui fait émerger des volumes en relief au toucher. D’autres encore recourent à une peinture thermochromique, qui révèle un détail caché au contact de la chaleur de la main. La frontière entre exposition, design imprimé et innovation technique devient poreuse. Ces effets exigent une batterie de tests : tenue des encres dans le temps, résistance à la fréquentation, précision des fichiers d’impression, maintenance sur toute la durée de l’événement.

Un photocall qui couronne l’animal

Le parcours s’achève par un podium. L’animal y prend la pose, comme sur le socle d’un monument. Image légère, idée forte : redonner à l’animal une place centrale et noble dans notre imaginaire collectif. Côté logistique : absorber les files d’attente, garantir la sécurité, offrir un éclairage flatteur, permettre une prise d’images spontanée. Une sortie réussie est aussi une sortie partageable sur les réseaux et au-delà.

L’ampleur invisible

Derrière quelques jours d’ouverture, des semaines de coordination : appels d’offres, mises au point production, fabrication des éléments scénographiques, transport, montage de nuit, calage lumière, sécurité, nettoyage, réglages de dernière minute. La régie est la condition même de l’expérience.

Quand une marque se raconte par l’expérience

La Nutriverse Gallery illustre une évolution profonde des expositions contemporaines. Le commissariat y construit un monde cohérent ; la régie y devient l’art de rendre possible une idée complexe. Lorsqu’une marque choisit l’expérience pour parler d’elle-même, elle crée quelque chose de plus durable qu’un événement : un souvenir partagé.

De l’intuition au souvenir partagé, concevoir une exposition, c’est tenir tout à la fois.